Les Suisses ont voté contre une « monnaie souveraine », les banquiers se marrent bien

Les Suisses ont eu ce weekend l’opportunité d’amorcer un changement profond du système bancaire à réserves fractionnaires. Mais trop conservateurs, les Suisses n’ont pas saisi cette chance historique de faire la nique aux banques…

Qu’est-ce que vous dites ? Réserves fractio-quoi ?

Restez avec moi, vous allez en appendre de belles.

En somme, il était question de mettre en place un système 100 % monnaie. Cette initiative trouve ses racines dans les années 30 grâce à des économistes célèbres tels que Irving Fisher, Milton Friedman ou encore Maurice Allais.

Pour expliquer tout cela, il faut commencer par dire que les banques ne possèdent pas l’argent qu’elles prêtent. Je sais, cela paraît fou comme ça, mais rien n’est plus vrai.

En moyenne, les banques ne possèdent que 3 Euros en caisse alors qu’elles en prêtent 100 à qui en voudra.

Elles ne gardent en réserve qu’une « fraction » de l’argent qu’elles prêtent. D’où l’expression de « réserves fractionnaires » pour décrire le système bancaire tel qu’il existe aujourd’hui.

D’où vient tout cet argent que les banques prêtent alors ??

Les banques ne prennent pas l’argent sur les comptes des riches épargnants pour le prêter à ceux qui souhaitent emprunter… Point du tout, loin de là.

Non. Lorsque vous empruntez auprès de la banque, cette dernière sort littéralement cet argent de son chapeau magique. L’argent est créé au moment même où vous signez votre reconnaissance de dette à la banque.

Alors la banque peut créer autant d’argent qu’elle veut ?

Oui et non. Cet argent nouvellement créé est ensuite détruit au fur et à mesure que vous remboursez votre prêt à la sueur de votre front. Vous avez bien entendu. La banque détruit le montant que vous remboursez correspondant au prêt mais par contre se garde les intérêts.

Et oui… la banque se rémunère grassement pour l’immense travail ayant consisté à inscrire quelques 0 dans l’ordinateur. Qu’il est facile de faire de l’argent quand on a une licence bancaire…

Qu’est ce que l’on a demandé aux Suisses exactement ce weekend ?

On leur a demandé s’ils seraient d’accord d’interdire aux banques de prêter plus d’argent qu’elles ne possèdent vraiment. Cela aurait eu pour conséquence de rendre à la banque nationale Suisse le monopole de la création monétaire. Toutes les banques privées auraient été obligées d’emprunter auprès de la banque centrale l’exacte même quantité d’argent qu’elles prêtent ensuite à l’économie.

Actuellement, 95 % de l’argent qui circule dans l’économie ne provient pas des banques centrales mais des banques privées qui peuvent le créer quasiment ex nihilo. Un sondage a montré que 73 % des Suisses ignoraient que l’argent sur leur compte a été créé par leur propre banque plutôt que la banque centrale Suisse. Nous aurions le même résultat en France et dans n’importe quel pays du monde tant les banquiers font tout pour que nous ne sachions pas comment le système bancaire fonctionne réellement. Comme a dit Ford, « si le peuple comprenait comment fonctionne le système bancaire et monétaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin »…

Alors quel seraient les avantages concrets d’adopter un système « 100 % monnaie » au lieu du système de réserves fractionnaires ?

Immenses…

Premièrement, les banques privées ne pourraient plus collecter autant d’intérêts qu’avant. En effet, il faut bien réaliser que dans le système actuel, pour faire simple, les banques privées empruntent 3 Euros auprès de la banque centrale (à 0 % actuellement) et peuvent ensuite prêter 100 Euros sur lesquels elles vont ponctionner des intérêts oscillant entre 2 % et 5 %.

Est-ce que vous vous rendez-compte de la marge phénoménale que se font les banques ? Vous comprenez pourquoi elles dégagent plusieurs milliards de profits chaque trimestre ?

Avec un système 100 % monnaie, les banques étant obligées de se procurer la totalité de l’argent qu’elles veulent prêter auprès de la banque centrale, cette dernière pourrait collecter bien plus d’intérêts. Or les banques centrales doivent reverser leurs gains aux budgets de leurs États (Voir qui possède la BNS un peu plus bas dans l’article). Cela voudrait dire que la majeure partie des intérêts viendrait abonder le budget de la nation au lieu des poches des actionnaires et autres traders de banques qui parasitent l’économie réelle.

Deuxièmement, vous imaginez bien qu’avec système de réserves fractionnaires, tout est en flux tendus. Il suffit que 3 Euros ne soient pas remboursés sur les 100 prêtés pour que les banques se retrouvent à poil…

Cela rend le système bancaire extrêmement instable et dangereux car un grain sable peut mettre les banques par terre. La crise des subprimes n’est rien d’autre : De nombreux américains ont cessé de rembourser leurs prêts immobiliers en raison de la hausse des taux et cela a fait sauter le système bancaire qu’il a fallu renflouer à coup de milliers de milliards et qui a provoqué des vagues de chômage sans précédent.

Bref, l’initiative a été suffisamment populaire pour recueillir les 100 000 signatures nécessaires à l’organisation de référendum mais n’a pas obtenu la majorité nécessaire. Quel gâchis…

Pourquoi nous parlons de ce référendum en Suisse sur cryptojournal ?

Parce que cette initiative rejoint parfaitement celle des cryptomonnaies dont le but est de retirer aux banques leur pouvoir de création monétaire par la dette qui débouche toujours plus de dettes, de bulles de prix, d’inflation, de crises et in fine la baisse de notre pouvoir d’achat.

Le Bitcoin et d’autres cryptomonnaies vont plus loin car le pouvoir est définitivement retiré des mains des banquiers qui sont par nature pourris jusqu’à la moelle…

Comme l’a dit Beat Waber, de la banque centrale Autrichienne, l’idée d’une monnaie souveraine (100 % monnaie), peut être comparée à l’utilisation du Bitcoin ou d’autres cryptomonnaies en tant que système économique non basé sur la dette. Tout est dit…

Tip BTC : 1Crsj83gGx7iGGNhSyYedxX7y5Jqo5gKbA

Tip ETH : 0xe7110Aee7923d42F7AbF975bAF94b962e8c8e30F

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A qui appartient la banque nationale Suisse?

La mission de la BNS est définie dans la constitution (article 99) et dans la loi sur la Banque nationale.

La Banque nationale est une société anonyme fondée en 1907, cotée en bourse sous la désignation SNBN à SIX Swiss Exchange, mais régie par une loi spéciale depuis 2004.

Les détenteurs du capital (actionnaires) sont4 :

  • Les cantons suisses (55 %) ;
  • Les banques cantonales (12-18 %) ;
  • Des actionnaires privés (27-33 %).

La Confédération suisse ne possède aucune action. La part du bénéfice qui dépasse le dividende revient pour un tiers à la Confédération et pour deux tiers aux canton.

La surveillance de la Banque nationale suisse est explicitement exclue du mandat du Contrôle fédéral des finances.

La BNS est considérée comme un institut de crédit par la législation fédérale suisse.

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