Pourquoi la Blockchain du Bitcoin est lente ?

Vitesse, sécurité, décentralisation. Vous ne pouvez qu’en choisir deux.

Lorsque la valeur du Bitcoin s’est envolée en Décembre, le problème de la vitesse du Bitcoin s’est révélé sous la forme de frais de transaction extrêmement élevés. Le coût moyen d’une transaction est même monté jusqu’à 50 $ le 22 Décembre 2017. Le prix fut en moyenne de 20$ entre le 11 Décembre 2017 et le 20 Janvier 2018.

Cette hausse des frais de transaction s’est accompagnée de temps de transaction extrêmement longs pour ceux qui refusaient de payer de tels frais. Les transactions pouvaient rester dans la queue pendant plusieurs jours (voire plusieurs semaines).

La lenteur de la technologie Blockchain est devenue une critique récurrente au cours des mois suivant. Chacun s’est rendu compte que la « monnaie du futur » a un problème de « scalabilité ».

Pourquoi la Blockchain est lente ?

Sécurité, décentralisation, vitesse. Vous ne pouvez en choisir que deux.

– Sécurité : Capacité d’une Blockchain à résister à une attaque

– Décentralisation : Système empêchant la censure et sa prise de contrôle par qui que ce soit

– Vitesse : Capacité de réaliser des transactions rapidement

La sécurité est évidemment primordiale. Un système qui ne peut pas résister à une attaque est condamné d’avance. Le choix doit donc se faire entre décentralisation et vitesse.

Ethereum et Bitcoin ont fait le choix de la décentralisation. Cette immunité contre la censure est l’essence même d’une blockchain publique. Elle participe aussi à la sécurité. Il s’agit donc aussi d’un attribut indispensable.

Il faut donc sacrifier la vitesse.

C’est pour cela que Bitcoin et Ethereum ont commencé à pédaler dans la semoule lorsqu’ils sont devenus extrêmement populaires. Ils ont atteint les limites technologiques de leur architecture.

On parle dans le jargon d’un trilemme ou encore d’un triangle d’incompatibilité. Ce problème doit être résolu si une cryptomonnaie veut conquérir le monde.

Comment résoudre le triangle d’incompatibilité

Il n’y a pas de réponse unique. Plusieurs cryptomonnaies essaient de le résoudre de différentes façons.

Certains sacrifient des éléments de décentralisation alors que d’autres essaient de trouver des solutions plus élégantes au-delà de l’architecture typique de la Blockchain.

Sacrifier la décentralisation

Certaines cryptomonnaies sacrifient la décentralisation. C’est le cas d’EOS. La « décentralisation » repose sur un petit réseau de « nodes » qui s’occupent de vérifier et réaliser les transactions. EOS en a 21.

Cela permet de gagner en vitesse car les transactions ont simplement besoin de voyager dans 21 nodes et parce que chacun peut allouer plus de puissance informatique afin de diffuser les transactions dans le réseau. C’est un arrangement de coopération contrairement au Bitcoin dont les mineurs doivent utiliser la majorité de leur énergie dans la compétition plutôt que dans la diffusion des transactions.

Mais cette centralisation est évidemment dangereuse. Si un groupe parvient à contrôler plus de la moitié des nodes, alors il peut faire ce qu’il veut, comme bloquer certaines transactions ou empêcher quiconque de leur reprendre le pouvoir. EOS n’a que quelques mois et un scandale d’achat de votes a déjà éclaboussé ce shitcoin.

Et que dire du fait qu’une partie énorme des nouveaux coins créés tombent dans la poche de cette poignée de nodes…Ce qui devait arriver arriva avec EOS. Certains nodes offrent tout simplement une partie de leurs récompenses en échange du vote des utilisateurs (typiquement les exchanges qui détiennent de nombreux coins). Au bout du bout, vous ne pouvez que vous retrouver avec un coin centralisé… C’est inévitable.

On ne peut pas se satisfaire de demi-mesures avec la décentralisation. C’est tout ou rien. L’essence même de la cryptomonnaie est de n’être contrôlée par personne en particulier. EOS finira donc tôt ou tard dans les oubliettes à shitcoins.

Être créatif

Comment privilégier la sécurité et la décentralisation pour ensuite ajouter de la vitesse sans sacrifier l’un ou l’autre ? C’est ce que Bitcoin et Ethereum font.

Le fork Bitcoin Cash a été conçu pour résoudre le trilemme en augmentant la taille des blocs. Toutefois, cela pourrait n’être qu’un pansement qui permet de légèrement multiplier la vitesse au-lieu de permettre la multiplication exponentielle de la vitesse par 1000 qui est nécessaire pour détruire le système bancaire.

Certains développeurs ont préféré mettre sur le pied un système appelé « Lightning Network ». Il s’agit d’une solution de canaux de transaction P2P en dehors de la Blockchain. Cliquez ici pour une explication détaillée.

Ethereum est également créatif avec une série de solutions via un système de Proof of Stake (contre Proof of Work auparavant) combiné avec le système « sharding ». Si le matériel informatique devient plus puissant dans les années à venir, il s’agira d’un bon compromis permettant d’éviter la centralisation.

Au-delà de la blockchain

Le trileme de scalabilité étant inhérent à la technologie Blockchain, certains essaient donc de s’en passer. Il y a quelques coins qui ont eu l’audace de créer leurs propres systèmes. Les plus connus sont probablement IOTA et Nano.

Les deux utilisent ce que l’on appelle en Anglais un système « Directed-acylic-graph » (Graphe orienté acyclique). Cela ressemble à un réseau de blocs plutôt qu’à une blockchain.

Nano donne par exemple à chaque compte sa propre blockchain capable de réaliser ses transactions avec d’autres blockchains. Cela offre une grande vitesse de transaction mais ce n’est pas encore assez rapide pour gérer des volumes très importants.

IOTA utilise lui un système appelé « Tangle » dans lequel chaque utilisateur voulant confirmer sa transaction doit en confirmer deux autres. Plus il y a d’utilisateurs et plus la vitesse augmente. Mais le réseau est temporairement dépendant d’un coordinateur centralisé en attendant d’être assez grand pour maintenir sa propre sécurité dans un environnement décentralisé.

La meilleure solution ?

De nombreuses cryptomonnaies sont conçues avec différents objectifs en tête. Il n’y a pas de solution parfaite. IOTA est intéressant mais les solutions off-chain (lightning network) pourraient en définitive se montrer les plus résilientes sur le long terme.

Dans tous les cas, la décentralisation ne doit jamais être sacrifiée. Nous voulons un monde où la technologie nous protège des abus qui résultent toujours de la centralisation du pouvoir.

Dans le cas de la monnaie, nous voyons ce que cela a donné. Nous sommes désormais enchaînés à des dettes et criblés d’impôts pour la payer. Et vu que les impôts ne peuvent plus être augmentés, nous nous faisons désormais ratissés par l’inflation, cette impôt déguisé (grâce à la planche à billets). Nous devons décentraliser la monnaie afin d’empêcher les faux monnayeurs de nous mettre en esclavage monétaire.

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